Paris n’a pas de Koreatown au sens où New York ou Los Angeles en ont une, avec ses enseignes en hangeul sur des rues entières. La Corée y est pourtant bien présente, répartie entre deux secteurs, une poignée d’épiceries, un grand centre culturel et deux musées qui possèdent parmi les plus belles collections d’art coréen d’Europe. Pour qui prépare un voyage en Corée du Sud, ou en revient avec le manque, voici où la trouver.

Existe-t-il un quartier coréen à Paris ?

Officiellement, non. Dans les faits, on parle de deux pôles.

Le premier est le 15e arrondissement, surnommé la « Petite Corée » depuis les années 1990, entre Beaugrenelle, La Motte-Picquet-Grenelle et Vaugirard. Le maire de l’arrondissement affirme qu’il accueille la moitié des Coréens de France, et Time Out y recense une trentaine de restaurants coréens. L’Association des résidents coréens en France a son siège rue de la Croix-Nivert, et c’est sur le parvis de la mairie du 15e que se tient la Korean Expo, gratuite, héritière de l’ancien Festival du kimchi (sa quatrième édition a eu lieu en octobre 2025).

Le second est le secteur de la rue Sainte-Anne, entre l’Opéra et le Palais-Royal (1er et 2e arrondissements). C’est d’abord le quartier japonais de Paris, mais les restaurants et épiceries coréens s’y sont multipliés, au point que beaucoup de Parisiens y font leurs courses de gochujang et de ramyeon.

Combien de Coréens vivent en France ? Selon les chiffres publiés en mars 2026 par l’agence gouvernementale coréenne chargée de la diaspora (OKA), la communauté coréenne de France comptait 28 103 personnes fin 2024, dont 15 204 à Paris et en banlieue. Ce total inclut plus de 11 000 adoptés d’origine coréenne et environ 4 300 étudiants.

Les épiceries coréennes

C’est souvent la première chose que cherchent ceux qui rentrent de Séoul. Les adresses ci-dessous ont été relevées début 2026 ; les horaires varient d’une source à l’autre, mieux vaut les vérifier avant de traverser Paris.

  • K-Mart, la chaîne la plus connue, avec une boutique rue Sainte-Anne (1er) et d’autres dans le 15e (rue Robert-de-Flers), le 8e (rue du Colisée) et le 9e (rue de Provence).
  • Ace Mart, 63 rue Sainte-Anne (2e), épicerie coréenne et japonaise.
  • Hi-Mart, 75 rue Saint-Charles (15e), en plein cœur de la Petite Corée.

On y trouve kimchi, pâtes de piment, riz, nouilles instantanées, snacks, soju, ustensiles et, dans les plus grandes, des rayons de K-beauty.

Où manger coréen à Paris ?

Les deux pôles sont les mêmes. Rue Sainte-Anne et alentours, les adresses rapides dominent : bibimbap, tteokbokki, poulet frit coréen, à emporter ou au comptoir. Dans le 15e, l’offre est plus familiale, avec des restaurants de barbecue coréen où l’on grille la viande à table. Selon le guide Paris Gourmand, la ville compte aujourd’hui plus de 120 restaurants coréens, contre à peine une dizaine il y a quinze ans.

Un conseil de voyageur : si vous partez en Corée dans quelques semaines, un dîner coréen à Paris sert surtout à apprendre les noms des plats et le fonctionnement du barbecue. Les prix, eux, n’ont rien à voir avec ceux de Séoul.

Le Centre culturel coréen

C’est la première adresse à connaître pour préparer un voyage. Installé depuis novembre 2019 au 20 rue La Boétie (8e, métro Miromesnil), le Centre culturel coréen occupe un bâtiment de six étages, avec un auditorium et une bibliothèque d’environ 19 000 livres, CD et DVD, en consultation ou en prêt.

Il propose des cours de coréen (Institut Roi Sejong), des ateliers de calligraphie, de poterie, de cuisine ou de nœuds traditionnels, des projections et des expositions, le tout en grande partie gratuit, souvent sur inscription. Du 23 novembre 2026 au 13 mars 2027, il présente une exposition immersive gratuite consacrée à la grotte de Seokguram, le célèbre sanctuaire bouddhique de Gyeongju. Les horaires changent selon les activités : vérifiez sur coree-culture.org avant de passer.

L'art coréen au musée Guimet

Le musée national des arts asiatiques, place d’Iéna (16e), possède plus de 1 500 œuvres coréennes : peintures, céramiques, statues, textiles. Parmi les pièces phares, un paravent aux livres (chaekgeori), un paravent à huit panneaux de scènes de genre, des céladons et le portrait d’un haut dignitaire de la dynastie Joseon, Cho Man-yong. Le musée a fait de 2026 une année coréenne, avec plusieurs expositions successives.

Guimet est payant pour un adulte, mais gratuit pour les moins de 18 ans, pour les 18-25 ans résidents de l’Espace économique européen, et pour tous le premier dimanche du mois. Il ferme le mardi.

Le musée Cernuschi et son exposition coréenne

Au bord du parc Monceau (8e), le musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris a des collections permanentes gratuites et une belle collection coréenne, avec le fonds du peintre Lee Ungno, qui vécut et enseigna à Paris. Du 20 novembre 2026 au 4 avril 2027, il présente « Corée. Le royaume des lettrés (1600-1900) », organisée avec l’université de Corée : peintures, costumes, céramiques, mobilier et paravents de l’univers des yangban, l’élite lettrée du royaume de Joseon. L’exposition temporaire est payante ; le musée est fermé le lundi.

Guimet fermé le mardi, Cernuschi le lundi : si votre journée parisienne tombe l’un de ces jours, l’autre musée reste ouvert.

Le Festival du film coréen à Paris

Créé en 2006, le FFCP a lieu chaque automne. Sa 21e édition se tient du 27 octobre au 3 novembre 2026 au cinéma Publicis, sur les Champs-Élysées, avec des séances exclusives au musée Guimet du 25 au 30 octobre. C’est l’occasion de voir des films coréens récents, souvent inédits en France, et parfois de rencontrer leurs réalisateurs.

Une journée « Corée à Paris »

Pour une journée complète : le matin au musée Cernuschi et dans le parc Monceau, à pied jusqu’au Centre culturel coréen rue La Boétie (une vingtaine de minutes), déjeuner rue Sainte-Anne, puis l’après-midi à Guimet, place d’Iéna. Le soir, une séance du FFCP si l’on est fin octobre, ou un barbecue coréen dans le 15e.

Si vous passez par Paris avant un vol pour Séoul, ou si vous y restez quelques jours de plus, quefaireaparis.fr recense les sorties par quartier avec leurs conditions pratiques : horaires, gratuités, ce qui demande une réservation. Pratique pour compléter ce programme coréen avec le reste de la ville.

Questions fréquentes

Où est le quartier coréen de Paris ?

Il n’y en a pas d’officiel. On parle de la « Petite Corée » du 15e arrondissement et, pour les restaurants et épiceries, du secteur de la rue Sainte-Anne, près de l’Opéra.

Dans les épiceries K-Mart, Ace Mart ou Hi-Mart, concentrées rue Sainte-Anne et dans le 15e.

La plupart de ses expositions, projections et activités sont gratuites, certaines sur inscription. Les cours de langue suivent leurs propres conditions.

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